Investissement dans les infrastructures: n’oublions pas l’austérité

Investissement dans les infrastructures: n’oublions pas l’austérité

Montréal, le 16 décembre 2016

Ce matin, nous avons assisté à l’annonce d’un programme de financement fédéral-provincial pour la rénovation et la construction d’infrastructures dans les établissements postsecondaires au Québec. Ce financement est extrêmement nécessaire, mais nous demeurons déçus par l’annonce et son contexte.

Comme il a été largement diffusé, les universités québécoises ont un déficit d’entretien de 1,5 $ G, notamment à McGill, Concordia, l’Université de Montréal, et Bishop’s; du côté des collèges, on parle d’un déficit de presque 500 $ M. Cela est inacceptable : les étudiant.e.s et les employé.e.s ont besoin d’espaces sécuritaires, accessibles, et confortables afin de pouvoir apprendre et travailler.

En premier lieu, l’annonce aujourd’hui de 1,1 $G de financement ne comble pas totalement ce besoin. Encore plus inquiétant est le fait qu’Ottawa et Québec contribueront chacun le tiers de ce montant; les établissements devront eux-mêmes trouver le reste de l’argent à partir de leurs propres collectes de fonds. Cela accorde un désavantage clair aux universités plus petites et en région : l’Université McGill, par exemple, dispose d’une dotation de 1,46 $G, l’Université de Montréal de 301 $M, et l’Université Concordia de 156 $M. De leur côté, l’UQAR a une dotation d’à peu près 10 $M, l’UQTR de 30 $M, et l’UQAC d’environ 13 $M. Les premiers ministres Trudeau et Couillard ont tous les deux refusé de donner des réponses claires sur cet écart en réponse aux questions des journalistes.

Deuxièmement, cette annonce doit encore une fois être comprise dans un contexte d’austérité. Sur les quatre années précédentes, plus que 700 $M ont été coupés des universités québécoises, en grande partie des budgets opérationnels de base. Cela a eu comme résultat une réduction des cours, de professeur.e.s, de services aux étudiant.e.s, et d’acquisitions des bibliothèques, entre autres. À maintenant, à peine le quart de ces coupes ont étés annulées. Bien que les dépenses capitales à court terme, tel que le programme annoncé aujourd’hui, sont essentielles, ils doivent être accompagnés par un réinvestissement permanent dans les budgets opérationnels des universités afin d’assurer que la qualité de l’éducation soit accessible au Québec. L’annonce d’aujourd’hui doit être vue comme faisant partie d’une tendance inquiétante vers la privatisation et l’austérité : les investissements dans les bâtiments (et dans d’autres cas, dans les partenariats de recherche avec le privé), souvent sous condition d’investissement privé, servent comme une distraction face à l’austérité structurelle qui a été imposée sur l’enseignement supérieur.

Nous appelons ainsi au gouvernement fédéral et provincial à faire demi-tour. Nous avons besoin de réparer nos bâtiments universitaires, mais nous avons aussi besoin du financement qui nous permettra de les remplir de professeur.e.s, de services, et d’étudiant.e.s qui peuvent apprendre libre du fardeau de l’endettement.

L’AVEQ a pour mission de défendre et de représenter les étudiantes et les étudiants autant francophones qu’anglophones tout en accordant une attention particulière à la réalité de la population étudiante régionale. L’AVEQ représente déjà 33 000 étudiantes et étudiants au Québec, et des associations représentant plus de 100 000 étudiantes et étudiants participent activement à sa construction.

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Contact:

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