Stratégie sur les violences à caractère sexuelle: bonne volonté, manque de clarté

Stratégie sur les violences à caractère sexuelle: bonne volonté, manque de clarté

Montréal, le 21 août 2017

L’AVEQ voit d’un bon oeil la stratégie pour lutter contre les violences sexuelles sur les campus présentée aujourd’hui par la ministre de l’Enseignement supérieur du Québec. En effet, la stratégie mise de l’avant par Mme David semble être un pas dans la bonne direction quant à la prévention des violences à caractère sexuel, en plus de l’accompagnement pour les survivant.es sur les campus. Toutefois, l’AVEQ a quelques critiques concernant la stratégie présentée aujourd’hui par la ministre de l’Enseignement supérieur.

Tout d’abord, nous accueillons positivement les accommodements académiques proposés dans la stratégie et nous espérons que ce type d’accommodements soient disponibles même en absence d’une plainte formelle. Nous espérons aussi que des accommodements seront possibles concernant le logement (plus précisément les résidences), au besoin, et que les accommodements offerts prioriseront la qualité et la stabilité de vie de la victime.

Pour sa part, l’aspect financier, surtout concernant la distribution, n’a été que peu abordé par la ministre. Les ressources financières et humaines ne sont pas toujours les mêmes d’un campus à l’autre et il serait pertinent d’en savoir davantage sur comment cette stratégie compte être accessible pour tous les étudiant.es, et ce, peu importe leur collège ou leur université.

« Plusieurs campus ont déjà de la difficulté à avoir de bonnes ressources, particulièrement en région. La ministre a annoncé un montant pour sa stratégie, maintenant reste à savoir si les ressources seront réellement accessibles pour tous les étudiant.es au Québec », explique Häxan Bondu, responsable aux affaires sociopolitiques de l’AVEQ et étudiante à l’UQAC.

Ensuite, l’AVEQ se questionne sur l’accessibilité des formations et sur l’accessibilité des nouvelles ressources et mises en place sur les campus. Il serait intéressant de savoir quelles seront les personnes formées sur les campus, en dehors des associations étudiantes et des responsables des ressources, et sur quoi ces personnes seront formées. Il serait pertinent de préciser quand les étudiant.es auront accès aux ressources, particulièrement si leur agression survient à l’extérieur de leur campus.

Il serait aussi primordial que les personnes affectées et les groupes communautaires travaillant déjà à lutter contre les violences sexuelles soient impliqués dans l’élaboration des ressources et des guichets uniques sur les campus locaux, et dans la création de la loi cadre.

« Il n’est pas suffisant de simplement mentionner les groupes communautaires ainsi que les individus marginalisés : il faut les accorder une plateforme. Particulièrement en ce qui concerne les violences à caractère sexuelle, il se doit que nous soyons redevables. Les survivant.es, les Autochtones, la communauté LGBTQ+ et bispirituel, les gens racisés, les femmes, les personnes ayant un handicap; ce sont celles et ceux que nous devons inclure, écouter, et appuyer autant que possible. Pendant que le gouvernement et les établissements éducationnels continuent à travailler sur la création de projets de loi-cadre et de politiques, il faut que nous faisons plus pour laisser une place prioritaire aux voix marginalisés », a expliqué Kristen Perry, Responsable à la mobilisation et au développement associatif à l’AVEQ.

Finalement, puisque l’AVEQ est en faveur d’une éducation portant sur la sexualité et le consentement, et ce, dès le primaire, nous espérons que la ministre saura travailler avec les autres ministères afin d’améliorer l’éducation et la prévention des violences à caractère sexuel avant les études postsecondaires.

« Il ne faut pas oublier que la culture qui nourrit les violences à caractère sexuel ne naît pas sur les campus : la prévention pour lutter contre ces violences sexuelles doit aussi se faire avant les études postsecondaires, et le plus tôt possible », explique Bondu.

 

L’AVEQ a pour mission de défendre et de représenter les étudiantes et les étudiants autant francophones qu’anglophones tout en accordant une attention particulière à la réalité de la population étudiante régionale. L’AVEQ regroupe déjà plus de 46.000 étudiant.e.s provenant de trois associations membres, et d’autres association participent activement à sa création.

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Contact:

Häxan Bondu, Responsable aux affaire sociopolitiques

sociopol@aveq-nous.ca

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