Compte-rendu du congrès national du Parti Québécois

Compte-rendu du congrès national du Parti Québécois

Du 8 au 10 septembre se tenait le XVIIe congrès national du PQ, au Palais des Congrès de Montréal. Pour l’occasion, l’AVEQ était représentée par Kristen Perry (Responsable à la mobilisation et au développement associatif), Clément Dallaire-Maltais (Responsable aux affaires des cycles supérieurs) et Olivier Lacelle (Attaché politique). Nous avons eu plusieurs échanges avec le comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), celui-ci étant très mobilisé sur les enjeux nous concernant. Au cours de la fin de semaine, plusieurs propositions ont été débattues sur une diversité d’enjeux, que ce soit l’éducation ou l’environnement.

Plusieurs propositions et amendements ont attiré notre attention, étant en lien avec les positions officielles de l’AVEQ à propos de l’éducation supérieure, des enjeux environnementaux, de la souveraineté des peuples autochtones, des régions du Québec ainsi que de la lutte contre la discrimination et pour les droits des femmes et minorités LGBTQ+.

Tout d’abord, en éducation, la majorité des propositions concernait le primaire et le secondaire. Soulignons tout de même, entre autres, la volonté: “dans un premier mandat, (de) mettre en place graduellement la gratuité scolaire pour tous”, de renforcer la formation des maîtres et de rémunérer les stages des étudiant.e.s en enseignement; de “remettre en place le programme de prêt pour l’acquisition de matériel informatique au collégial et à l’université”; “d’implanter un programme d’éducation sexuelle dans le cursus scolaire”; de “bonifier les prêts et bourses au niveau de l’aide à la subsistance et aux étudiants qui quittent leur localité pour étudier”; de revaloriser les cégeps; de mieux soutenir les étudiants étrangers; et de “porter à 3% du PIB les investissements en recherche et développement”.

Puisque l’environnement et la lutte aux changements climatiques fait partie de notre campagne annuelle, l’AVEQ fût satisfaite de constater l’importance qui y fût accordée, notamment en proposant de “mettre la lutte contre les changements climatiques comme priorité” du gouvernement tout en confiant “au premier ministre le titre de responsable du développement durable”. Dans la même lignée, plusieurs motions ont été entérinées pour : donner plus de pouvoir au BAPE; électrifier les transports; appliquer des mesures d’écofiscalité; protéger l’eau et réglementer davantage l’industrie de l’eau embouteillée afin de viser son retrait à long terme; réhabiliter les milieux humides; sortir le Québec du pétrole d’ici 2050; créer un nouveau ministère du Climat, de l’Environnement et de l’Énergie; investir dans un projet de monorail électrique interurbain (différent du REM) et “ajouter le droit d’accès à l’eau potable dans la charte des droits et libertés de la personne”. Toutefois, il est impératif de prendre garde aux possibilités de colonialisme en cette matière. Il faut redonner le pouvoir aux peuples autochtones pour prendre les décisions sur la gestion de leur territoire et travailler de concert avec eux afin de défendre l’environnement.

Toutefois, certaines mesures plus controversées ont également été mises de l’avant. La principale traite d’une réforme du mode de financement au collégial. Celle-ci laisse un sentiment mi-figue, mi-raisins car d’une part, le PQ propose d’investir davantage dans les cégeps des régions, mais plutôt qu’augmenter les enveloppes budgétaires, il propose plutôt de diminuer progressivement le financement des cégeps anglophones afin de le ramener plus près du poids démographique de la minorité historique anglophone (par ex. faire passer leur part du financement collégial de 16% à 8% environ) pour transférer ces sommes aux autres cégeps francophones et de régions. De plus, les francophones et allophones qui n’ont pas effectué la totalité de leur parcours scolaire primaire et secondaire en français ne pourront étudier dans les cégeps anglophones. Ces mesures controversées sont partiellement compensées par une volonté d’améliorer et d’augmenter l’offre de cours d’anglais dans les cégeps francophones, d’ajouter des sessions d’immersion et d’échanges entre les cégeps anglophones et francophones et enfin de favoriser l’apprentissage intensif de l’anglais langue seconde et du français langue seconde au primaire et au secondaire.

Une autre mesure nous laissant perplexes est celle d’étendre l’exigence de neutralité politique des fonctionnaires de l’État à la neutralité religieuse. Selon Radio-Canada, la députée Agnès Maltais a affirmé que cette mesure ne s’appliquerait qu’aux juges, policiers, gardiens de prison, éducatrices en CPE ainsi qu’aux enseignants du primaire et du secondaire. La mesure ne s’appliquerait donc pas à la totalité des fonctionnaires, si on en croit la députée de Taschereau. L’AVEQ a une position forte contre la discrimination religieuse, et nous nous inquiétons que cette proposition puisse servir à raviver de nouveau un discours xénophobe et raciste qui est de plus en plus présent au Québec en ce moment. La vigilance sera donc de mise au cours des prochains mois pour voir ce qui sera retenu officiellement dans la plate-forme électorale officielle du PQ et quel type de mesures et arguments mettra de l’avant le parti ainsi que leur chef Jean-François Lisée.

En ce qui a trait aux mesures sociales, nous sommes satisfaits de l’engagement de la formation politique à mettre en œuvre des mesures visant à favoriser la parité hommes-femmes, à dénoncer la loi fédérale actuelle sur les peuples autochtones, à établir un nouveau régime de cohabitation négocié de nation à nation avec les Premières nations et les Inuits, ainsi qu’à ratifier la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Il en va de même pour l’intention d’adopter une politique nationale de lutte à la discrimination envers les personnes LGBTQ+, d’augmenter le salaire minimum à 15$ ainsi que de réinvestir plus de 200 millions $ dans les organismes communautaires. En outre, le respect et la promotion des régions du Québec fût priorisée de maintes façons entre autres à travers un projet d’économie bleue (pour les régions maritimes et côtières comme Rimouski), des mesures de décentralisation vers les municipalités en régions, l’idée de créer un nouveau fonds d’investissement régional de 5 milliards $, ainsi que des propositions visant le désenclavement de la Côte-Nord, la mise en œuvre d’une politique de souveraineté alimentaire respectueuse du développement durable, l’instauration d’un programme national de mobilité des étudiants afin de les inciter à étudier en région ainsi qu’un programme d’échanges étudiants interrégionaux, le remboursement des frais de scolarité des étudiants internationaux qui s’établissent en région, et enfin la mise en place d’incitatifs pour que les étudiants reviennent vivre en région après leurs études.

-Sources des propositions adoptées :
Proposition principale vers le XVIIe congrès national du Parti québécois
Cahier de plénière, partie 2