L’AVEQ dénonce la récupération politique des luttes pour la rémunération de tous les stages

L’AVEQ dénonce la récupération politique des luttes pour la rémunération de tous les stages

L’Association pour la voix étudiante au Québec (AVEQ) est préoccupée par le comportement de certaines associations étudiantes et certaines campagnes en ce qui concerne les stages non-rémunérés. Alors que le 10 novembre dernier, plus de 15 000 étudiant.e.s ont fait grève de stage afin de lutter pour la rémunération de TOUS les stages, il est dérangeant de voir des associations ne travaillant que sur la compensation financière des stages de prise en charge en enseignement s’approprier des luttes plus larges et plus progressistes que la leur.

L’AVEQ salue le travail des étudiant.e.s qui luttent contre les stages non-rémunérés à travers la province, mais craint que les demandes puissent être mal interprétées quant à l’élaboration des politiques à l’Assemblée nationale. Par conséquent, nous tenons à souligner la différence entre la compensation financière et la rémunération quant aux stages non-rémunérés : alors que la compensation financière ne s’intéresse qu’à ajouter de l’aide financière aux études, la lutte pour la rémunération demande un salaire viable pour les heures travaillées en plus d’obtenir de meilleures conditions de travail.

Les étudiant.e.s de la Coalition montréalaise pour la rémunération des stages, ainsi que les comités locaux sur le travail étudiant (CUTEs) et le comité pour la rémunération des stages et des internats de l’UQO (CRIS-UQO), ont développé une argumentation progressiste et se sont organisé.e.s pendant plusieurs mois avant la grève du 10 novembre à l’occasion de la journée internationale des stagiaires où plus de 15 000 étudiant.e.s furent en grève.

Nous sommes optimistes d’entendre la ministre de l’Enseignement supérieur, madame Hélène David, mentionner publiquement qu’elle est prête à discuter davantage de la rémunération des stages. Il est clair que la mobilisation et les mesures prises par les groupes d’étudiant.e.s et les associations partout dans la province ont permis de mieux faire connaître cette question et d’accroître la pression pour y répondre.

Cela étant dit, nous espérons que leur message et leur mobilisation ne seront pas récupérés par des groupes et des politiciens totalement absents de l’organisation ou du soutien de la grève pour leurs propres gains politiques et leurs revendications insuffisantes. L’AVEQ appelle à la reconnaissance et à la valorisation des véritables revendications progressistes des étudiant.e.s qui s’organisent sur le terrain, et réaffirme ses positions claires en faveur de tous les stages payés ainsi qu’en faveur d’un salaire décent.

Kristen Perry, responsable à la mobilisation et au développement associatif de l’AVEQ, précise: « Soyons clairs : les plus de 15 000 étudiant.e.s et stagiaires qui se sont mis.e.s en grève le 10 novembre demandaient clairement que TOUS les stages soient rémunérés, et que tous les stagiaires se voient garanti.e.s d’obtenir non seulement des salaires équitables pour le travail qu’illes font, mais aussi des conditions de travail sûres et raisonnables. Bref, en tant que travailleur.euse.s, illes doivent être protégé.e.s par les normes du travail et non être exclu.e.s de ces normes ».

Bien que nous encourageons tout mouvement visant à empêcher l’exploitation des étudiant.e.s pour du travail non rémunéré, il est important de reconnaître que la demande de 330 $ par semaine pour des stages de prise en charge en enseignement actuellement étudiée à l’Assemblée nationale équivaut à environ seulement 8,25 $ l’heure, si nous prenons en compte que ce stage représente 40 heures de travail par semaine (au minimum). De plus, la motion présentée exclut les multiples autres domaines où les stages obligatoires sont non rémunérés, ainsi que tous les stages qui n’entrent pas dans le cadre de la formation obligatoire en cours de programme, et ne mentionne pas la protection des stagiaires en tant que travailleurs.euse.s.

En réponse, Häxan Bondu, responsable aux affaires sociopolitiques de l’AVEQ, elle-même étudiante en éducation, a souligné: « Bien que les domaines traditionnellement masculins comprennent souvent des stages où les étudiant.e.s reçoivent un salaire minimum viable, nous semblons toujours être bloqués pour discuter de simples allocations des stages dans des domaines dominés par les femmes et les personnes queer, démontrant davantage la dévaluation continue des professions de services tels que l’éducation, le travail social et les soins infirmiers »

L’AVEQ est fière de soutenir le travail des étudiant.e.s qui s’organisent contre les stages et l’exploitation non rémunérés, et a ajouté sa voix à plus de 60 autres organisations qui ont profité de la journée internationale des stagiaires du 10 novembre pour lancer une déclaration appelant à une grève internationale. Nous invitons toutes celles et ceux qui croient que tous les étudiant.e.s stagiaires méritent que leur travail soit reconnu et rémunéré équitablement à nous rejoindre dans les prochaines étapes de la mobilisation!

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