Congrès de la CAQ: vers la marchandisation de l’éducation et un rapetissement de l’État

Congrès de la CAQ: vers la marchandisation de l’éducation et un rapetissement de l’État

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Sherbrooke, le 26 novembre 2017. 

Les 25 et 26 novembre derniers avait lieu le conseil général de la Coalition Avenir Québec (CAQ) à Sherbrooke. L’Association pour la voix étudiante au Québec (AVEQ) était présente afin d’analyser les idées discutées et débattues au cours de cet événement mettant la table au congrès général de la CAQ qui aura lieu au printemps 2018. Les militant.es étaient nombreux.ses et motivé.es par les récents sondages favorables à leur parti. Tout comme lors de la commission-relève, la fin de semaine fut marquée par le fait qu’une grande majorité des propositions n’ait pas engendré de débats, ainsi que par des difficultés au niveau de la présidence.

Plusieurs des résolutions adoptées vont à l’encontre des positions défendues par l’AVEQ. Premièrement, soulignons qu’aucunes références aux droits des peuples autochtones ne firent partie des propositions issues du chapitre touchant aux enjeux des régions. Sur les questions des violences à caractère sexuel, les violences envers les femmes ont à plusieurs reprises été minimisées sous prétexte que ces injustices affectent tout le monde, les hommes entre autre. Pourtant, lorsqu’une membre a proposé une formulation plus inclusive afin de prendre en considération également les réalités des personnes ne se reconnaissant pas dans la configuration binaire et hétéronormative, la présidence et l’assemblée s’esclaffèrent et rejetèrent de facto l’amendement soumis. Il est inquiétant de voir une telle réaction face à une réalité qui touche un nombre importants de personnes. Cette attitude perpétue l’oppression dont sont victimes les personnes trans.

En ce qui a trait aux enjeux touchant l’éducation, l’AVEQ accueille favorablement la résolution signifiant que la CAQ souhaite “réinvestir dans les cégeps et les universités en région et [de] réviser la formule de financement”. Cependant, nous nous questionnons sur la possibilité pour un gouvernement caquiste d’appliquer de telles mesures considérant leur volonté parallèle d’alléger le fardeau fiscal des citoyennes et citoyens de différentes manières. On peut se demander où la CAQ ira chercher des revenus supplémentaires pour tenir une telle promesse s’ils ont préalablement diminué le trésor de l’État québécois. Par exemple, les étudiant.es ne risquent-illes pas de devoir assumer de nouveaux frais? Est-ce que la refonte de la formule de financement passera par un arrimage encore plus important sur l’entreprise privée, propulsant de ce fait même la marchandisation de l’éducation vers de nouveaux sommets? La question se doit d’être posée.

Passons aux points positifs de cette fin de semaine. Une proposition sur la conciliation travail-études-famille a été adoptée, de même qu’une résolution sur des bourses pour stagiaires. Malgré le fait qu’il s’agit de compensation financière, l’enjeu de la rémunération des stages progresse partout et nous continuerons d’appuyer les groupes luttant pour celle-ci et à pousser plus loin la réflexion des partis politiques à l’effet que la compensation n’est pas suffisante.

L’Association pour la Voix Étudiante au Québec (AVEQ) a pour mission de défendre et de représenter les étudiantes et les étudiants autant francophones qu’anglophones, tout en accordant une attention particulière à la réalité de la population étudiante régionale. L’AVEQ regroupe déjà plus de 47.000 étudiant.e.s provenant de trois associations membres, et d’autres associations participent activement à son développement.

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Olivier Lacelle, Attaché politique

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